Réduire son budget tout en réduisant ses déchets

Le budget alimentaire est le 2ème poste de dépense dans les foyers après le logement. Récemment, sur les réseaux sociaux, j’ai vu les publication parlant de budget « courses » et  certaines personnes disaient dépenser jusqu’à 1000 euros par mois pour une famille de 4 pour faire les courses. Pour ma part, je trouve cela énorme! Pour notre famille de 3, notre budget courses s’élève à environ 70 euros par semaine (+ la cantine de Pauline lorsqu’il y a école). Ce qui représente environ 300/350 euros par mois pour 3 personnes.

Non pas que notre famille soit un modèle mais nous essayons de consommer sain, équilibré et bio de préférence. Voici donc quelques conseils qui vous permettront d’alléger votre budget « courses » tout en réduisant vos déchets. Depuis bientôt 2 ans, nous faisons attention aux déchets que nous produisons et du coup, cela a un impact sur nos courses. Il en est de même pour certains produits de loisirs que nous achetons d’occasion comme les livres ou les jouets. Je vous propose quelques astuces que nous avons mises en place chez nous.

fraises bio

1. Faire soi-même

Le « fait-maison » est devenu une évidence chez nous. J’aime cuisiner, surtout du sucré et cela ne me dérange pas de passer un peu de temps en cuisine, si c’est le gage d’une meilleure alimentation. Evidemment, ayant un travail à plein-temps, je ne peux pas TOUT faire maison, mais j’en fais une grande partie. Et puis les recettes les plus simples sont souvent les meilleures, donc pourquoi s’aventurer dans des plats qui demandent des temps de préparation et de cuisson incroyables (et énergivores) alors qu’une bonne purée maison fera le plaisir de toute la famille.

biscuits hérisson

Ce que l’on fait maison chez nous:

    • les pâtisseries
    • les desserts (mousse au chocolat, crème dessert…)
    • les confitures (je recycle les pots en verre qui me servent chaque année, et utilise des fruits du jardin ou de la nature).
    • les biscuits (même si on continue d’en acheter un peu parce que Pauline et son papa ont du mal à se passer de certaines « cochonneries »)
    • les plats: pas de plats préparés, on confectionne nous-mêmes les soupes, purées, gratins, pizzas, tartes, quiches… Avant, il m’arrivait d’acheter des carottes râpées ou autres entrées en barquette mais désormais tout est râpé maison avec des produits frais, et souvent directement cueillis au jardin. On mange beaucoup de légumes frais du jardin ou du primeur.
    • des pâtes de fruits
    • des sauces
    • du pain (occasionnellement)

Voilà une partie de ce que je cuisine moi-même. Je ne me suis pas encore lancée dans la fabrication des produits ménagers, ni des cosmétiques. Mais nous utilisons peu de produits ménagers et essayons de prendre de l’écologique. Le vinaigre blanc est notre allié. Pour les cosmétiques, nous avons privilégié un savon solide et un shampoing en bouteille pour tout le monde. Inutile d’accumuler les produits dans la salle de bain pour se laver. Cela réduit le budget et aussi les déchets.

En mangeant des légumes et du frais, et en les préparant soi-même, on arrive à faire de belles économies et surtout à limiter les emballages. On cueille les légumes ou les fruits au jardin, on les épluche et on mets les déchets au compost, que l’on réutilisera dans quelques mois pour amender le potager. Un cycle plutôt intéressant en réduction d’énergie.

Evidemment, j’achète toujours certains produits avec des emballages: du jambon, des yaourts, du fromage… des pépitos et autres choco 😦 mais on essaie de limiter.

Et puis, faire soi-même c’est aussi retrouver le goût des fruits et légumes que l’on mange. Les petits pois, haricots, carottes et tomates du jardin, fraîchement cueillis, ont un goût incomparable…

C’est aussi un bon moyen pour faire participer les enfants et passer du temps avec eux.

2. Eviter le superflu

Lorsque vous faites vos courses, essayez de réfléchir à ce dont vous avez vraiment besoin. Faites une liste et tenez-y vous, sans vous laisser tenter. Pour ma part, je n’achète jamais de futilités, je vais directement aux rayons concernés et je ne me laisse pas tenter par les produits à l’emballage attractifs, ou ceux qui proposent des échantillons ou pire des jouets pour enfants. Je pense en particulier aux céréales pour enfants qui offrent des petits jouets qui seront vite mis de côté et qui, au passage, sont très mauvaises pour les enfants vu la quantité de sucre qu’elles contiennent. Idem pour les œufs surprise… on leur préférera les barres K… Au rayon yaourts, on évite aussi les yaourts pour enfants avec un joli packaging. On privilégie les petits-suisse ou le fromage blanc en gros pot (que je transvase dans des petits pots pour le travail). Les produits bruts sont toujours meilleurs que les produits ultra-transformés. Je préfère acheté des yaourts nature et y ajouter de la confiture maison ou du miel.

Et évidemment, si on a prévu de faire les courses alimentaires, on n’achète pas un jouet, un magazine, un maquillage… Chaque semaine, je prends Pauline pour aller aux courses et elle ne demande jamais rien. On respecte la liste. C’est ancré dans nos habitudes.

En bref, achetez ce dont vous avez vraiment besoin! 

3. Eviter le gaspillage

Un élément important pour réduire son budget est d’éviter le gaspillage. Jeter des produits alimentaires à la poubelle parce qu’ils sont périmés m’agace. A la maison, nous faisons très attention à ne rien jeter, les dates sont scrutées et les produits mangés avant qu’ils ne soient périmés. Il faut aussi d’éviter d’acheter en trop grosse quantité. Certaines offres promotionnelles peuvent être alléchantes mais si elles finissent à la poubelle, elles n’auront plus aucun intérêt.

A la maison, nous gardons toujours les restes. On les met dans une boîte hermétique et on les mange le lendemain, ainsi pas de gaspillage. En fin de semaine, le frigo est un peu vide mais qu’importe, on veille à bien tout finir avant de retourner aux courses. Et parfois, cela demande un peu d’ingéniosité de cuisiner avec ce qui reste dans le frigo ou les placards.

Monsieur et moi mangeons des « gamelles » le midi. En fait, lorsque je travaille le lendemain, je fais toujours une double ration au dîner du soir : cela sert au repas du soir et aussi à celui du lendemain midi. Je mets mon repas dans une boîte hermétique (j’ai opté pour des boîtes en verre avec un couvercle en plastique). Mes repas à l’école sont quasiment zéro déchet: je mange les restes de la veille, je prends du yaourt dans un contenant (j’achète des gros pots de fromage blanc) et je prends des fruits (je ramène les peaux à la maison pour mes mettre au compost). Et j’utilise une bouteille en verre pour mon eau. Ainsi, pas de déchets, des économies et une meilleure alimentation!

4. Avoir un potager

Je sais que tout le monde n’habite pas en campagne et n’a pas de terrain pour faire un potager. Pour ma part, cultiver les fruits et légumes que l’on va manger est une véritable satisfaction, surtout quand on sait que ce sont des produits qui ont du goût, sains et sans produits chimiques. C’est un vrai plaisir de voir son travail récompensé et de se dire que l’on peut subvenir à une partie de son alimentation sans dépendre des grandes enseignes. Et  puis que d’économies réalisées quand on voit les prix. Cet été, les mirabelles (non bio) étaient à 5 euros/kg, les reine-claude à 6.90, la barquette de 250 g de tomates cerises à plus de 3 euros, celle de framboises à 4 euros. Quand je vois que je récolte un bol de 300 g de framboises tous les 3 jours, des dizaines de kilo de prunes, et plusieurs kilos de tomates, je me dis que je fais de sacrées économies. D’autant que cette année, je n’ai quasiment pas investi d’argent pour le potager (moins de 10 euros). J’ai fait des échanges de graines et acheté quelques paquets de graines.

Si vous n’avez pas de potager, n’hésitez pas à vous tourner vers des AMAP qui offrent des paniers de bonne qualité.

Loin de vivre en pleine autonomie, nous avons tout de même de belles récoltes qui nous permettent de réduire notre budget. Cet été, hormis les bananes et les pommes de terre, nous n’avons pas acheté de fruits et légumes. Au jardin nous avons eu beaucoup de fraises (18 kg), des groseilles, des framboises, des dizaines de kilo de mirabelles, des reine-claude… côté légumes: des petits pois en petite quantité car les semis n’ont pas bien pris, de la salade, des radis, des courgettes, des betteraves, des carottes, plusieurs kilos de tomates, des choux, des courges, des herbes aromatiques à volonté…

serre au jardin

Cela prend du temps: il faut récolter puis cuisiner mais c’est un réel plaisir. Et on essaie aussi de faire des réserves, notamment avec les confitures ou les sauces tomates. Je ne me suis pas encore mise aux bocaux car je trouve que la conservation altère le goût. Je cueille aussi des plantes aromatiques comme la menthe ou la mélisse que je fais sécher et que j’utilise l’hiver en tisane.

Et puis, quel plaisir de partager son surplus de récolte et de faire plaisir à sa famille, ses amis, ses voisins en leur donnant une cagette de mirabelles, une barquette de fraises ou un pot de confiture. Cela favorise le partage et l’échange; et encore une fois, limite les déchets. Pas d’emballage plastique, pas de coût de transport et une nourriture saine! C’est bio et local!

5. Utiliser ce que la nature offre

Si vous n’avez pas de potager, vous pouvez quand même profiter de ce que la nature offre. Les cueillettes à faire sont nombreuses, certaines sont faciles, d’autres demandent d’être un peu connaisseur car certaines plantes peuvent être confondues avec des plantes nocives.

Pour ma part, j’adore aller à la cueillette, c’est aussi l’occasion d’une sortie seule ou en famille, de prendre l’air et de passer du temps dans la nature. Les « aliments » que l’on trouve dans la nature sont multiples: les mûres, les baies de sureau, les noisettes, les châtaignes, les champignons… sont sans doute les plus connus; mais on peut aussi ramasser des fleurs de pissenlit pour faire de la gelée, des feuilles de pissenlit pour manger en salade, des fleurs de tilleul pour faire des infusions…

gelée pissenlit

Ces ressources sont non seulement gratuites mais en plus ne génèrent aucun déchet. Pourquoi s’en priver?

gelée de mûres

6. Acheter d’occasion, emprunter

Et enfin, la dernière astuce est de ne pas surconsommer et d’acheter d’occasion. Evidemment, cela ne concerne pas l’alimentation; mais plutôt les vêtements, les livres, la déco… Nous aimons beaucoup faire les vide-greniers car on peut vraiment faire de bonnes affaires sans se ruiner. Et puis c’est écologique car c’est du seconde-main.

La grande majorité des livres que nous achetons sont d’occasion. Nous pouvons ainsi étancher notre soif de lectures sans nous ruiner. Nous empruntons aussi beaucoup aux bibliothèques, celle de mon école et celle de notre village. Je fais aussi de « prêts » avec les copines.

Pour les vêtements, nous avons beaucoup acheté sur les foires à tout lorsque Pauline était petite. Son armoire était quasiment remplie de vêtements d’occasion. Les vêtements de bébé étant peu porté (vu surtout la panoplie que les bébés ont aujourd’hui), les articles de puériculture sont comme neufs. A titre d’exemple, nous avions acheté un manteau Catimini en excellent état pour la modique somme de 1 euro. Mais aujourd’hui, les vêtements de taille 6 ans se font plus rares. Alors on achète neuf mais ma fille est loin d’avoir une grande garde-robe. Pour les chaussures, nous avons par contre toujours acheté neuf car elles prennent forcément la forme du pied. Par contre, lorsqu’elles sont trop petites nous les déposons au Relais, peut-être que d’autres familles seront heureuses de les avoir.

Pour ma part, cela fait maintenant 2 ans que je n’ai pas acheté de vêtements. C’est une sacrée économie pour mon budget (moi qui aimais me faire des petits plaisirs) et pour l’environnement. C’est un challenge que je m’étais lancée et en fait je me suis prise au jeu. Ma garde-robe est suffisamment garnie, sans que j’ai besoin de la renouveler.

Et on limite aussi les achats inutiles, on réfléchit à deux fois avant d’acheter quelque chose, que ce soit un petit ou un gros objet.

Notre budget a donc beaucoup diminué, sans que l’on se sente « privés » pour autant. Nous aimons notre vie à la campagne, notre potager qui nous nourrit une partie de l’année, notre vie simple, faite de petits plaisirs. Et nous fuyons de plus en plus les centres commerciaux, trop bruyants, trop énergivores et qui appellent à la surconsommation! Plutôt que d’aller faire les boutiques, on préfère prendre les vélos et faire une balade en bord de Seine ou aller respirer l’air iodé en bord de mer. Less is more. Posséder ne rend pas plus heureux. Je préfère passer du temps avec ma fille et mon conjoint. Le temps est tellement précieux!

Pour conclure, je dirais que mes petits gestes pour réduire mon budget et mes déchets me semblent une goutte d’eau à la mer. Certaines personnes ne semblent pas intéressées par la question de l’environnement, de la planète qui se dégrade au fil du temps. La preuve ces derniers jours de la démission de notre ministre de l’environnement et de l’attitude du gouvernement qui donnent la priorité aux lobbys et aux grosses industries qui font du profit. Mais dans mon entourage aussi, je rencontre des comportements qui me choquent. Lorsque je fais des efforts pour réduire ma poubelle ménagère (et passer d’un sac de 30 L par semaine à moins d’un cinquième du sac), de trier mes déchets recyclables, de composter…  et que certaines personnes de mon entourage ne font aucun tri et mettent 3 énormes sacs de 50 L par semaine aux poubelles, je me dis que nous ne vivons pas dans le même monde avec la même conscience. Alors tant pis si on me juge, si on me trouve « chiante » avec mes déchets, si on trouve que je suis radine parce que je n’offre pas de cadeaux industriels et commerciaux à des prix exorbitants mais que je privilégie le fait-maison… je continuerai mon petit combat! et j’essayerai de transmettre mes valeurs à ma fille…


8 réflexions sur “Réduire son budget tout en réduisant ses déchets

  1. Oh la la, je me reconnais tellement dans ces petites actions du quotidien… les goûters fait maison, les paniers de légumes de chez papa et beau-papa, les achats d’occasion… Je pense aussi que certains doivent me penser radine, mais les économies faites pour limiter les déchets permettent de profiter autrement, notamment par des sorties payantes, des activités… Merci pour cet article très encourageant ! Cela motive à poursuivre !

  2. Je me retrouve aussi dans cette démarche. J’essaie de faire aussi les’collations maison, certaines semaines, je n’y arrive pas. Jamais de plats préparés sauf les pizzas, je n’ai jamais réussi la pâte. Ça fait du temps en cuisine, mais c’est tellement meilleur.
    Le potager, j’en ai un tout petit mais jài aussi difficile de m’en occuper. Je ne suis pas régulière, et cette année, ce fut décevant les récoltes.
    J’achète certaines choses d’occasion, je revends aussi. Et nous privilégions la bibliothèque, j’y emmène ma fille depuis l’âge de 3 ans.
    Bonne soirée

    1. Je ne fais pas tout maison non plus par manque de temps, et par exemple pour la pâte feuilletée, je l’achète toute prête, pour la pâte à pizza, je fais maison avec de la farine spéciale pizza. Après, on fait ce qu’on peut et c’est déjà bien. Il ne faut pas non plus se priver et vivre dans la totale contrainte. De petits gestes c’est déjà bien.

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