Les ratés au potager

Malgré tous vos soins, il arrive que certaines récoltes ne soient pas au rendez-vous! Mais il ne faut surtout pas se décourager!

Lorsque l’on a un potager, le but principal est de cultiver pour se nourrir! Depuis quelques années je jardine avant tout pour avoir de bons fruits et légumes bio, frais, locaux et savoureux. Et je suis toujours ravie et fière de récolter le fruit de mon travail, de le déguster et de le partager lorsqu’il y a abondance. C’est une réelle satisfaction!

Mais faire son potager, c’est aussi rencontrer quelques déconvenues, que l’on soit néophytes mais aussi plus aguerris dans le jardinage. Certaines cultures ne poussent pas, d’autres se font dévorer, d’autres meurent sans explication… Et cela peut parfois être décourageant, surtout quand on y met tous son cœur, beaucoup d’énergie et de temps. 

Je revois certains semis de salade qui avaient bien pris et qui au retour de vacances avaient disparu sous les assauts des limaces; les choux dévorés par les chenilles de la piéride, les groseilles becquetées par les merles, les graines qui ne germent pas, celles qu’on oublie d’arroser… la liste est longue!

Mais ce qu’il est important de retenir c’est qu’il ne faut surtout pas baisser les bras car nos ratés nous permettent d’avancer, d’apprendre, de réfléchir afin de mieux considérer ses cultures. L’important est de faire le bilan de ce qui a fonctionné ou pas, de déterminer la cause des échecs et d’en tirer des leçons pour les années suivantes. Le potager est une constante remise en question, un enseignement riche: il nous apprend la patience et l’humilité. 

Difficile de faire un potager sans se planter, surtout dans un potager naturel, et les causes sont diverses: certains sont dues au manque d’expérience et de temps à consacrer au jardin, à la météo, aux maladies, au manque ou à l’excès d’eau, aux animaux… Même en essayant de faire au mieux, il y a toujours des aléas. Voici un aperçu des causes les plus courantes qui mènent la vie dure au jardinier! 

La précipitation

Quand on jardine, on semble toujours pressé de semer et surtout de récolter. Mais la nature, elle, suit son rythme! Dès l’approche des beaux jours, on a envie de semer, de voir germer nos graines. Mais rien ne sert de courir, mieux vaut semer plus tard pour assurer de beaux plants. On évite ainsi tout risque: manque de luminosité et de chaleur, coups de gel… De même pour la récolte, on ne se précipite pas et on attend le bon moment pour cueillir. 

Dès le mois de février, je vois les jardiniers qui s’affolent sur les réseaux et commencent leurs semis de tomates, de poivrons et d’aubergines. Moi aussi, je suis prise d’une frénésie de plantation mais après un échec, je me suis réfrénée et j’attends patiemment le moment idéal pour semer. Rien de sert de courir, il faut partir à point. Semés trop tôt, les plantules vont manquer de luminosité (en février les journées sont courtes et le temps souvent maussade) et ensuite elles vont végéter jusqu’en mai, lorsque les gelées seront passées. Donc mieux vaut attendre mars pour semer. D’autant qu’en Normandie, l’été frisquet n’a pas aidé les aubergines et les poivrons à grossir correctement. La récolte sera très maigre.

L’important est d’attendre la bonne saison, que tout risque de gelées soit passé.

Les aléas climatiques

Les années passent mais ne se ressemblent pas. Alors que l’été 2020 était très sec et caniculaire, cette année, il a été très pluvieux et frais. Et on peut difficilement maîtriser le climat. Le mauvais temps a eu raison des cultures frileuses: tomates, aubergines, poivrons et le mildiou a remporté la partie. Même si vous mettez tous les atouts de votre côté, il y a toujours une part d’incertitude. 

Alors oui, c’est très frustrant! Surtout quand vous partez de la graine, que vous bichonnez vos bébés tomates pendant des semaines, à leur parler, à bien les hydrater, à les tourner vers le soleil. Que vous les plantez en respectant bien toute les étapes, en nourrissant le sol, leur donnant du purin d’ortie fait maison…

Cette année, le mildiou a gagné la partie. Et j’ai beau avoir mis quelques traitements naturels (bicarbonate + savon noir), les dégâts étaient déjà importants. J’ai tout de même réussi à sauver quelques tomates mais la récolte sera moindre. On savourera d’autant plus les quelques tomates récoltées et je croise les doigts pour une meilleure récolte l’année prochaine.

Les ravageurs

Les ravageurs sont la cause de nombreux échecs: semis dévorés, graines picorées, jeunes plants croqués, récoltes attaquées… Les animaux font souvent des dégâts au jardin. Quand on laisse entrer la biodiversité, la faune s’autorégule et on peut atténuer les ravages mais le risque 0 n’existe pas. Vos cultures sont souvent prises d’assaut. Il faut alors ruser et être vigilant pour sauver les cultures et travailler en lien avec la nature, de manière naturelle. 

Ici les merles sont très voraces: fraises, groseilles, framboises rouges, poires, prunes… tout y passe! Pour les fraises et les groseilles, je mets des filets qui jouent bien leur rôle. Pour les autres cultures, c’est plus difficile alors je suis bien obligée de partager.

Les limaces se plaisent aussi au potager, tout comme les chenilles et parfois les altises. Par contre, les chats des voisins font bien leur travail et je n’ai pas de souci avec les petits rongeurs.

Et donc plutôt que de rester sur vos échecs, valorisez vos réussites. Alors certes, il y aura peu de tomates cette année mais par contre, c’est l’explosion des concombres, on en a déjà récolté plusieurs dizaines. Idem pour les courgettes et les haricots qui ont très bien donné cette année. La récolte de courges s’annonce aussi jolie. Et que dire des 27 kg de fraises.

Si on fait le bilan, les récoltes sont bonnes et on est ravi de manger nos fruits et légumes. Soyez fiers de vos réussites et apprenez de vos erreurs pour de meilleures récoltes! 


6 réflexions sur “Les ratés au potager

  1. ici mes tomates cerises (qui se sont ressemées seules) commencent enfin à rougir… Au vu du manque de soleil cet été ça ne m’étonne pas… Mais bon je suis contente de savoir que quelques légumes auront quand même poussé, ainsi que mon persil qui, lui, a été un succès total cette année ! Et il est délicieux ! ^^
    Tes récoltes sont tout de même belles, ça fait toujours plaisir de se régaler avec des légumes ou des fruits qu’on a fait pousser soi-même ! 🙂

  2. D’une année à l’autre j’observe que les succès et échecs diffèrent. En effet il y a des saisons ou telles et telles cultures fonctionnent bien, et d’autres où l’on connait des échecs sur des cultures qui habituellement marchent bien. Cette année, c’est le mildiou et les punaises qui ont mis à mal certaines plantations (tomates et maïs entre autres). L’an prochain nous rencontrerons certains problèmes absents cette année, mais il y a fort à parier que les galères rencontrées cette saison n’auront pas lieu l’an prochain. Gardons espoirs et ne renonçons pas à nos belles productions!
    Ma philosophie personnelle est de me contenter et me réjouir des cultures qui marchent, me satisfaire de celles qui se portent moins bien, et de ne pas m’acharner sur les légumes qui de toute évidence ne donneront rien ou pas grand chose.
    La nature a ses caprices et ses raisons que notre raison ignore.
    Merci pour ton article tellement parlant et très bien explicité.

    Bien à toi

    Ben

  3. Oui, c’est vrai que jardiner nous rappelle que nous ne pouvons pas tout controller. Heureusement ! Mis à part les fluctuations d’une année sur l’autre, il y certaines cultures qui ne fonctionnent pas sur mon balcon (ah, ces fameux radis, si faciles à cultiver, même pour les débutants…). Parfois, il suffit de changer d’emplacement pour avoir de meilleurs résultats. C’est tout bête, mais cela vaut le coup d’essayer 😉
    Amicalement
    Valérie

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